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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 15:16

 

 

La littérature de l’ombre, la Religion et l’Eglise

 


Le livre anticlérical et/ou antireligieux fait partie des meilleures ventes de la littérature de l’ombre. Tantôt savant, tantôt grinçant voire franchement obscène, le thème ne laisse pas les lecteurs indifférents ; il satisfait autant leur curiosité qu’il les choque aussi par les audaces anti-religieuses ou attentatoires à l’Eglise catholique, du roi et du pape. L’un des plus grands auteurs à succès dont les livres furent censurés et brûlés par arrêts des parlements, fut Paul-Henri Thiry, baron d’Holbach (1723-1789). Les titres audacieux avaient de quoi attirer le lecteur ou l’effrayer c’est selon :

 

Le système de la nature (1770)

Histoire critique de Jésus Christ (1770)

Le christianisme dévoilé (1766)

Le Bon sens (1772)

La contagion sacrée ou histoire naturelle de la superstition (1768)

De la cruauté religieuse (1769)

 

Dans son ouvrage le plus connu (publié sous le nom de M. Mirabaud), le Système de nature, il expose sa philosophie matérialiste et mécaniste. Il revendique son athéisme et se fait l’ennemi de toutes les doctrines religieuses, « instruments de despotisme ». Il va plus loin que les philosophes qu’il fréquente dans la négation totale de l’existence de Dieu. Il proclame que l’esprit et la matière sont une seule et même chose, l’homme étant une matière « dont l’essence est de sentir, de penser et d’agir ».

 

Systeme-de-la-nature.png

 

Accéder à l’ouvrage

 

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Voici par exemple comment il s’exprime dans la préface du Bon Sens :

 

« Quand on veut examiner de sang-froid les opinions des hommes, on est tout surpris de trouver que, dans celles même qu’ils regardent comme les plus essentielles, rien n’est plus rare que de leur voir faire usage de bon sens, c’est-à-dire de cette portion de jugement suffisante pour connaître les vérités les plus simples, pour rejeter les absurdités les plus frappantes, pour être choqué de contradictions palpables. Nous en avons un exemple dans la théologie, science révérée, en tout temps, en tout pays, par le plus grand nombre de mortels ; objets qu’ils regardent comme le plus important, le plus utile, le plus indispensable au bonheur des sociétés. En effet, pour peu qu’on se donne la peine de fonder les principes sur lesquels cette science prétendue s’appuie, l’on est forcé de reconnaître que ces principes, que l’on jugeait incontestables, ne sont que des suppositions hasardées, imaginées par l’ignorance, propagées par l’enthousiasme et la mauvaise foi, adoptées par la crédulité timide, conservée par l’habitude qui jamais ne raisonne, et révérées uniquement parce qu’on ne comprend rien ».

 

Le-bon-sens.png

 

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Dans ce domaine religieux, on distingue aussi les ouvrages moins savants et plus mordants, assimilés à des satires ou à des polémiques.

 

L’essai philosophique sur le monachisme de Simon-Henri-Nicolas Linguet (1736-1794)  prétend prouver que le monachisme est contraire au christianisme, qu’il en est un détournement honteux. Dans son introduction il écrit :

 

« Moine vient du grec monos qui signifie seul. Ainsi un moine est un être dévoué à vivre dans la solitude. Le monachisme est donc directement contraire à la société. Cette haine pour ce que le commun des hommes recherche le plus ardemment, cette fuite de ses semblables a été sanctifiée par le christianisme (en note : par le christianisme mal entendu ; car on sait qu’au temps des apôtres, les chrétiens n’avaient pas de pareilles institutions) : mais il n’est pas d’époque » […] « La lumière, à la vérité, n’a point encore pénétré dans l’intérieur des cloîtres. Elle vient mourir contre les murailles de leur enceinte. L’habitude et le préjugé y sont continuellement en sentinelle. Ces deux ennemis de la raison y répandent plus de bandeaux, que leur rivale n’y peut introduire de rayons ».

 

Essai-philosophique-sur-le-monachisme.png

 

 

Accéder à l’ouvrage

 

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Mœurs immorales des prêtres et des religieuses, tels sont les autres thèmes qui venaient compléter ce tableau qui était loin d’avoir convaincu tous les lecteurs à la veille de la Révolution française, mais qui avait néanmoins multiplié les raisons de douter, de se plaindre aussi de la corruption morale de l’ordre le plus riche de la société française : le clergé.

 

 

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fredericbidouzeutla - dans Cours 2012-2013
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commentaires

email help 13/08/2014 14:49

Oh the book was exceptionally excelling with the literature. And I never have read anything of this depth recently. I was impressed with the style rather than the theme it handled. I would love to read more works by her. Please list.

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  • Historien de formation et de profession, spécialiste du XVIIIe siècle, l'enseignement est le fondement originel de mon métier.
Mon quotidien, ce sont les étudiants et un public qui les dépasse de très loin en nombre, celui du Temps libre.
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