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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 14:52

 « Courage à Olivier Falorni qui n’a pas démérité, qui se bat aux côtés des Rochelais depuis tant d’années dans un engagement désintéressé »

 


Quand les rois jouaient avec le feu de leurs amours


Sans remonter très loin dans l’histoire de la monarchie française, les amours des rois de France ont toujours troublé les codes en vigueur et perturbé parfois leur propre politique. Henri IV qui n’a jamais été aussi faible que quand il était en face d’une femme, a risqué très gros à plusieurs reprises. C’est dans un premier temps sa maîtresse, la belle Gabrielle d’Estrées qui est morte brutalement, comme par miracle, le 10 avril 1599 ; par miracle parce qu’elle évita au royaume une crise sans pareille provoquée par la volonté du roi de faire de sa maîtresse, une reine de France et de ses enfants bâtards, les héritiers potentiels du trône ; par miracle parce que son épouse encore légitime, Marguerite de Valois, fille du roi de France Henri II, soutenu par le Pape, se refusait de divorcer pour être remplacée par une femme de petite noblesse ; par miracle enfin parce que le choix de Gabrielle était un très mauvais choix pour la France au moment crucial où, au sortir des guerres de religion, elle avait besoin d’union et de concorde. Dans un deuxième temps, ce fut Henriette d’Entragues qui par son acharnement à rivaliser avec la reine de France Marie de Médicis, fut à plusieurs reprises mêlée à des complots menaçant la sûreté de l’Etat au début des années 1600. Jusqu’au bout esclave des femmes, Henri IV s’en sortit toujours parce qu’il fut un grand roi, autoritaire et absolu. Mais n’est pas Henri IV qui veut.

Son petit-fils Louis XIV fut de la même trempe ; ce roi « trigame » élabora un système où cohabitaient la reine, la favorite « sortante » et la favorite « entrante » dans une atmosphère étouffante de luttes mesquines entre ces dames, toujours fidèles à l’Etiquette de Cour. La belle duchesse de la Vallière voulut un jour de l’été 1667 braver les codes en s’avançant au devant du roi lors de la campagne des Flandres, au grand scandale de la reine et des troupes. Louis XIV sut la rejeter par son autorité et sons sens de l’Etat, tandis qu’il la consola le soir même et qu’il entra pour la première fois dans le lit de sa future favorite Mme de Montespan ! Il agit en roi, sauvant les apparences de l’Etat tandis qu’il enfreignait allègrement, les valeurs de la religion et la loi conjugale !

C’est avec Louis XV que les codes n’ont plus été respectés. Lorsque le roi a laissé la reine et le dauphin à Versailles pour s’élancer vers les frontières, lors de l’été 1744, il a préféré emmener sa maîtresse la duchesse de Châteauroux, au mépris des apparences de l’Etiquette qui ont toujours sauvé les troubles éventuels des mœurs. Davantage qu’à la boulimie sexuelle du roi, c’est à ce délaissement de la reine que l’opinion de l’époque s’en est pris, n’acceptant pas que la vie privée de leur souverain prenne le pas sur la vie publique et surtout le gouvernement.

 


Quand un président d’une démocratie joue et perd avec les femmes


C’est en quelque sorte à un spectacle du même genre auquel nous assistons depuis l’élection à la présidence de la République de François Hollande. Un moment où un système politique et moral ne fonctionne plus, au grand désarroi de ceux devant qui l’autorité quelle qu’elle soit est comptable et de quelque manière que ce soit. Un président, élu pour cinq ans, est comptable devant tous les citoyens et les codes, l’étiquette de jadis, sont devenues les lois de la République. Un président n’est pas un homme normal et la France assiste à ce auquel conduisent les considérations triviales lorsqu’on les met en pratique et au grand jour au plus haut sommet de l’Etat. Les codes de la démocratie sont brisés parce-que le Président François Hollande ne maîtrise pas celle qui partage sa vie ; parce qu’il met en danger le secret d’Etat en laissant Valérie Trierweiler, libre de ses propos quand bien même ils seraient sensés et pertinents, quand bien même elle peut demeurer une femme libre et indépendante.

L’affaire du Tweet du 12 juin 2012 n’est pas un événement minime, il a une portée symbolique et pratique exceptionnelle, telle qu’on peut parler de Tweetgate. Il illustre la limite franchie dans une démocratie, par l’intrusion des désordres conjugaux d’un président, de manière affirmée et même coordonnée, dans les affaires de l’Etat. La liberté de parole de Valérie Trierweiler n’est pas un exploit de femme, elle marque l’intrusion inédite de l’opinion personnelle d’un citoyen sans fonction au cœur même du pouvoir. Aujourd’hui, c’est La Rochelle, demain ce sera la Syrie ou l’Afghanistan ! La liberté de parole de Valérie Trierweiler est le premier test de crédibilité de François Hollande car s’il veut présider, il doit le faire sans celle qui devient son véritable double. Le genre féminin n’entre pas en ligne de compte dans cet événement car un président de la République qui aurait un compagnon à l’Elysée (dans l’avenir sans doute et réciproquement une présidente, une compagne), ne serait jamais à l’abri de ses indiscrétions qui mettraient en danger la démocratie. A François Hollande d’assumer, au nom de tous les Français, son devoir premier, celui de sauver les apparences de sa fonction quand bien même, lorsqu’il se couche le soir, comme tout homme ou toute femme, il bénéficie des consolations du cœur et de l’esprit mais aussi parfois de conseils avisés.


François Hollande peut donc méditer cette phrase prononcée par Louis XIV à ses ministres :


 « Vous êtes mes amis, ceux en qui j’ai le plus confiance. Les femmes ont bien du pouvoir sur ceux de mon âge. Je vous ordonne que si vous remarquiez qu’une femme, qu’elle  puisse être, me gouverne le moins du monde, vous ayez à m’en avertir. Je ne veux que vingt-quatre heures pour m’en débarrasser et vous donner contentement »

 

F. Bidouze

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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 15:51

Qu'il me soit permis à la veille du dernier cours du temps libre de l'université de Pau de l'année 2011-2012, de m'adresser à mes auditeurs qui m'ont fait le privilège d'assister à ce long cycle consacré aux rois de France et les femmes de Charles VII à Louis XVI inauguré en novembre 2010.

Je les remercie pour leur enthousiasme et leur curiosité, leur nombreuse assistance et leur très grande attention. Ils connaissent mon attachement viscéral à ce que Michel Foucault appelait la parrhêsia, ce discours de vérité, ce discours libre, pour ne pas dire ce franc-parler, qui parfois les fait sourire, bondir ou s'exclamer. Ils savent, je l'espère, que les nombreuses digressions qui scandent mes cours, entendent faire d'eux des contradicteurs, des lecteurs autonomes, loin des rattrapages insensés de notre époque contemporaine qui se vouent davantage aux procès, à la mémoire, plutôt qu'à l'histoire.

 

"Faire en sorte que celui auquel on s'adresse se trouve, à un moment donné, dans une situation telle qu'il n'a plus besoin du discours de l'autre" Michel Foucault, L'herméneutique du sujet, 1981-1982.

 

Ce blog s'adresse avant tout à eux, à ceux qui renouvèleront l'assistance et qui voudront réagir, questionner, s'interloquer ou tout simplement s'intéresser. Il est consacré à l'Université du temps libre qui exerce aujourd'hui une très forte attraction en France, celle de Pau en particulier qui vient de dépasser ses trente années d'existence. Il s'agit pour ce premier billet de conclure sur le dernier roi de France, Louis XVI, d'annoncer le prochain cycle de cours des deux années qui viennent et imaginer ce que pourrait devenir ce Blog. Connaissances, dialogues et compréhension.

 

Louis XVI et Marie-Antoinette

 

Nous terminons un très long cycle ce mercredi 23 mai 2012 à propos de Louis XVI et de Marie-Antoinette. Paradoxe d'un souverain qui aima sa femme, qui n'eut pas de maîtresses et qui fut de ce côté-là "anormal" . Qui plus est ce "mari à deux-tiers" comme le suggéra méchamment son beau-frère Joseph II, eut à affronter une crise exceptionnelle de ses finances et de ses institutions, un élargissement toujours plus grand d'une opinion publique. Sa femme, Marie-Antoinette, fut à la fois sa reine et sa favorite, concentrant  sur elle, les attaques autrefois confinées aux maîtresses. Incarnation des dépenses et des privilèges de la Cour, puis ennemie de la Révolution et de la liberté, elle est aussi apparue comme une reine libre, émancipée, sans doute parce que Louis XVI ne la limita pas au rôle restreint de celles qui l'avait précédée. Louis XVI n'eut pas, comme ses prédécesseurs, des maîtresses ou/et des favorites pour brouiller les pistes; il aima sa femme, pour le meilleur et pour le pire mais pour la première fois de l'histoire, une reine de France échappa à son époux. Au-delà de son destin tragique qui mit un terme à la monarchie absolue en 1789, puis à la monarchie le 10 août 1792 et enfin à sa vie même le 21 janvier 1793, il fut un roi "à part" du côté des femmes.

De Charles VII à Louis XVI, l'histoire des rois de France et des femmes a donc été le point d'orgue des règnes, de leur succession et surtout de leurs passionnantes péripéties, au gré des intrigues galantes, des forces et des faiblesses des princes dans l'implacable aventure de la séduction et de la domination. Les comportements des souverains à l'égard des femmes, dans leurs conquêtes comme dans leurs abandons, ont bien souvent reflété les conditions psychologiques et affectives de leur enfance ainsi que  le tempérament et le degré d'envergure de leur règne.

 

L'année prochaine, j'entamerai un cycle de deux ans consacré à:

 

La parole pamphlétaire en France : information, diffamation et opinion publique de 1715 à 1794

 

Le pamphlet (ou brochure, libelle, voire épigramme ou chanson) est un genre littéraire de combat, entre polémique, satire et calomnie. La parole pamphlétaire, c’est un discours écrit imprimé et colporté qui imprègne les esprits et forge ce que l’on commence à appeler, l’esprit public, l’opinion publique. Après avoir sapé les fondements de la monarchie absolue et ses structures, le pamphlet devient un moyen universel de propagande qui entre de plain-pied dans la culture politique française sous la Révolution française.

Ce cours invite à lire une histoire politique de la France monarchique et révolutionnaire à travers  l’un des premiers medias majeur de l’ère politique moderne.

 

D'ici au début du mois de novembre 2012, quelques articles, billets d'humeur, mais aussi des liens et supports documentaires, seront venus habiller ce tout nouveau Blog.

 

F. Bidouze

 

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  • Historien de formation et de profession, spécialiste du XVIIIe siècle, l'enseignement est le fondement originel de mon métier.
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